
Le parcours « 7 millions d’années » : cinq mouvements pour une histoire oubliée
Le parcours « 7 millions d’années » est le récit du Forum de Femme : l’aventure humaine lue à travers ce que les femmes ont porté, fait et transmis. Il se déroule en cinq mouvements : Porter la vie, Façonner le monde, Transmettre les civilisations, Faire reconnaître les femmes, Honorer les vivantes.
Ce parcours est celui du film. Il propose une lecture, celle du fondateur, et ne prétend pas remplacer les travaux des historiens. Le site du Forum le complète par une lecture transversale, Trace, Geste, Mémoire : le textile comme archive vivante, le geste comme savoir transmis, la mémoire comme transmission collective.
I. Porter la vie
Il y a sept millions d’années, nos plus lointains ancêtres vivaient au cœur des forêts. Chaque naissance tenait du miracle. Une femme enceinte ne peut pas courir, une mère qui allaite non plus. Alors c’est autour d’elles que le groupe s’arrête, s’abrite et s’organise. C’est autour des mères que naît le premier foyer.
Au Maroc, au Jebel Irhoud, on a retrouvé les plus anciens restes connus d’Homo sapiens : plus de trois cent mille ans. Parmi ces premiers humains, il y avait les mères.
Donner la vie, risquer la sienne.
Neuf mois à porter la vie, puis l’accouchement. Pendant des siècles, la césarienne tue presque toutes les femmes qui la subissent. Il faudra l’hygiène, l’anesthésie et la suture pour que donner la vie cesse d’être un pari mortel. Aujourd’hui, un enfant sur cinq naît par césarienne.

II. Façonner le monde
Il y a environ dix-neuf mille ans, l’argile rencontre le feu. On peut désormais cuire, conserver, transporter, partager. La femme pile le grain, le moud, pétrit la pâte, cuit le pain. Elle balance la peau de chèvre jusqu’à ce que naissent le beurre et le petit-lait, un geste que des grands-mères font encore dans les montagnes de l’Atlas.
« Des milliers d’années de repas, pour toute l’humanité. Et pas une ligne dans les livres d’histoire. »

III. Transmettre les civilisations
Les déesses.
Nos ancêtres ont vu dans la procréation et les forces de la nature des femmes divines : Isis, Hathor, Aphrodite, Vénus, Lakshmi pour l’amour et la fertilité ; Ishtar, Sekhmet, Athéna, Durga et Kali pour la guerre ; Artémis et Diane pour la chasse.
Le mariage.
Il unit deux familles, deux clans, puis deux peuples. À Volubilis, en 788, Idriss trouve refuge chez les Awraba, une tribu amazighe, et épouse Kenza al-Awrabiya. Elle élève leur fils, Idriss II, qui fera de Fès sa capitale. À chaque fois, une femme est le ciment de l’alliance.

IV. Faire reconnaître les femmes
Le travail invisible.
Porter l’eau, laver le linge à la rivière, nourrir la famille. Pendant des millénaires, une grande part du travail de l’humanité ne fut ni payée, ni comptée, ni même nommée. Ce travail invisible a tenu les maisons debout. Et les maisons ont tenu les sociétés.
Les sévices.
Le film nomme ce que les femmes ont subi, en Asie, en Afrique, en Arabie, en Europe. Ces violences n’appartiennent ni à un peuple ni à une religion. Elles ont été commises, et parfois transmises, par des hommes et des femmes, mais aussi combattues par d’autres.
Le monothéisme.
Le rapport des religions à la femme est fait, dit le film, de lumières et d’ombres. Entre les deux, une constante : la mère, première école de l’enfant.
Les grandes dames.
Malgré la rigueur des dogmes, des femmes ont gouverné, bâti, enseigné, découvert. Voir la page

V. Honorer les vivantes
Au Maroc, le film rappelle le Code de la famille de 2004, la Constitution de 2011 et la nouvelle réforme. Le chemin n’est pas terminé, ni ici, ni ailleurs.
Le Taj Mahal.
En 1631, à trente-huit ans, Mumtaz Mahal meurt en donnant naissance à son quatorzième enfant. L’empereur Shah Jahan lui élève un tombeau de marbre blanc. Elle ne l’a jamais vu. D’où la leçon du film : il ne faut pas attendre qu’une femme disparaisse pour l’honorer.
« Ce Forum est dédié aux femmes vivantes : nos mères, nos filles, nos sœurs, nos épouses, et aux hommes qui marchent à leurs côtés. »


