
Les collections : ce que les tenues des femmes ont retenu de l’histoire
La Fondation Dar Nissa dispose d’une collection de plus de 3 000 œuvres : costumes traditionnels maghrébins, asiatiques et arabes, parures, peintures orientalistes et photographies anciennes. Le fondateur, Azeddine Sedrati, a commencé à la réunir après 1994. Son fil conducteur : les tenues des femmes gardent la mémoire des civilisations.
« Chaque pièce que vous verrez ici a été portée. Par une mariée, une grand-mère, une jeune fille le jour de sa fête. Derrière chaque bijou, il y a un visage. »
Comment la collection est née
Tout part d’un congrès vétérinaire maghrébin à Tunis, en 1994. Le congrès suivant devait se tenir à Alger en 1996 : il est annulé pour des raisons politiques. Azeddine Sedrati a déjà rassemblé des pièces de Tunisie, de Libye et d’Algérie, et parcouru les antiquaires de Fès, de Marrakech et de Tanger. Il décide alors de sauvegarder ce patrimoine. De 2002 à 2012, Zahra, jeune diplômée, photographie chaque tenue, classe chaque parure et veille à leur conservation. L’accumulation devient une archive.

Les grandes familles de pièces
Le drapé.
Une seule pièce d’étoffe, enroulée autour du corps, tenue par des fibules et une ceinture : drapés berbères, haïk, melhfa, izar. Le même geste se retrouve dans le péplos grec et le sari indien.
Le cousu.
Le caftan brodé d’or. La keswa el kbira, la grande robe des mariées juives marocaines, de velours brodé d’or. La djellaba, portée par la femme marocaine pour sortir de chez elle.
Les ceintures.
La ceinture de Fès, la ceinture de Tétouan, la ceinture berbère aux pompons de laine.
Les bijoux.
Les bijoux d’argent et d’or, les fibules, les colliers d’ambre et de corail, la main de Fatma. Chaque région, chaque communauté a écrit son histoire avec du fil et du métal.

Le caftan marocain, patrimoine de l’humanité
Le 10 décembre 2025, à New Delhi, le caftan marocain a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La Fondation y voit un ancrage de plus pour le musée-forum à Marrakech.

Conserver ce qui est fragile
La Fondation a choisi Marrakech notamment pour son climat, favorable à la conservation des tissus et des costumes. Le musée-forum est conçu aux normes internationales de conservation du costume, avec des réserves et des ateliers de restauration en sous-sol. Ces normes doivent lui ouvrir l’échange de collections avec des musées d’Europe, d’Amérique et d’Asie, et accueillir l’apport de pays d’Afrique.

